Le mérite en revient à la mobilisation citoyenne et à elle seule !

Le juge administratif a récemment arrêté les travaux de destruction de la zone humide de Rothéneuf et c’est heureux. Le regret est que des dégâts, peut-être irréversibles, ont été causés en quelques jours de travaux.

Nous nous réjouissons de cette première victoire, qui doit en appeler d’autres, pour que ce projet soit abandonné de façon définitive, du moins sous cette forme. C’est en effet l’ensemble du dossier qu’il faut reprendre, à commencer par ses objectifs qui ne peuvent dépendre des intérêts des promoteurs en place, quels que soient leur puissance ou leurs soutiens. Ce sont l’ensemble des modalités de conception, de concertation et le rôle des citoyen-ne-s, riverain-e-s et autres, qu’il faut redéfinir à cette occasion.

Des études, des textes scientifiques, législatifs ou réglementaires ont permis au fil des années de prendre conscience et d’organiser la préservation des zones humides, milieux riches en biodiversité. Ces éléments étaient connus lorsque le conseil municipal de Saint-Malo a voté à
3 reprises (6 novembre 2014, 30 juin 2016, 16 novembre 2017). À chaque fois, à l’unanimité, c’est-à-dire toutes composantes politiques confondues, les élus ont décidé du saccage de la zone humide de Rothéneuf se cachant derrière d’illusoires « compensations ».

Certain.e.s élu.e.s et groupes politiques de tous bords qui, tels les oiseaux de la fable n’écoutant d’instincts que ceux qui sont les leurs, et ne croyant le mal que quand il est venu (*), ont voté pour ce projet destructeur et permis son avancement jusqu’à ces derniers jours, se félicitent aujourd’hui bruyamment de son arrêt espérant sans doute, en ce début de campagne électorale, faire oublier leurs approbations passées et s’en dédouaner.

Notre liste pour les municipales 2020, ‘Saint-Malo autrement’, n’avait pas prévu d’intervention publique sur ce sujet dans l’immédiat, du moins sans y être invitée. En effet, cette victoire n’est pas celle des candidats aux élections, elle est celle des citoyen-ne-s qui se sont mobilisé-e-s. Mais les célébrations tapageuses ou hypocrites auxquelles se laissent aller des personnes et des groupes qui composent l’actuel conseil municipal ou qui se présentent aux prochaines élections, nous y obligent. L’écologie et la préservation de l’environnement, qui font partie des principes fondateurs de notre projet pour Saint-Malo, ne peuvent se limiter aux promesses électorales. Elles exigent, comme hier, courage et volonté politiques pour leur mise en œuvre, ici et maintenant.

(*) Jean de La Fontaine, Fables, Livre I, l’hirondelle et les petits oiseaux