Statue de Robert Surcouf pointant vers l'horizon
 

Quel que soit le domaine d’activité considéré, le monde d’aujourd’hui impose aux collectivités territoriales, pour une efficacité maximale de l’action mise au service des citoyens, l’intégration coopérative à des réseaux internationaux publics ou non gouvernementaux qui les informent, les ressourcent, les orientent, les valorisent.

Depuis le début des années 2000, la coopération décentralisée, qui consiste en la coopération politique, sociale, économique, culturelle, environnementale, entre des territoires et nourrit la coopération entre états, est placée au cœur des enjeux du tissage de relations entre les acteurs internationaux.

Cette coopération est quasi ignorée par notre territoire et par notre ville dont la politique de coopération internationale demeure embryonnaire et confinée à tel ou tel “jumelage” daté. C’est là un paradoxe, puisque Saint-Malo doit son rayonnement historique à l’ouverture au lointain, à l’aventure de la rencontre de l’autre et use encore ponctuellement de ce rayonnement à l’occasion d’événements tels qu'”Étonnants voyageurs” ou “la Route du rhum”…

S’agissant de coopération internationale transfrontalière, européenne, internationale, bilatérale ou multilatérale, plusieurs pistes d’action publique sont à envisager :

CRÉATION ET INTÉGRATION A DES RÉSEAUX DEPUIS UNE IDENTITÉ LOCALE AFFIRMÉE :
Saint-Malo est une ville-port, ce fut une ville-république, c’est une ville martyre et reconstruite, c’est une ville fortifiée : cette identité multiple doit lui permettre de faire prévaloir une voix originale, innovante, au sein de regroupements tels que l’AFCCRE, “Cités unies France” ou “Cités et gouvernements locaux unis” ou au sein de regroupements associatifs thématiquement plus confinés (“Si tous les ports du monde”, réseau “Villes mémoires” porté par la ville de Dunkerque).

ACCUEIL ACTIF :
Saint-Malo, ville de tourisme cosmopolite, d’hospitalité ponctuelle, doit devenir une ville où l’accueil du lointain est durable, soutenable, institutionnellement agile et solide. Cela peut en passer par l’intégration des visiteurs et des résidents étrangers à la politique culturelle inclusive, inventive, participative de la ville à travers la valorisation des productions culturelles du lointain, le recours aux formations linguistique et civique (en lien, par exemple, avec la Fondation Alliance française, le CIREFE de Rennes 2 ou le CASNAV de l’académie de Bretagne), l’appel à la restauration de consulats honoraires fonctionnant, au sein de l’espace communal, comme des relais d’accueil, de veille, d’expertise et de sollicitation.

DÉVELOPPEMENT D’UNE CULTURE LOCALE DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE :
L’ensemble des gestes produits par la politique municipale doit être pensé depuis la connaissance des bonnes pratiques de coopération internationale, des recours conceptuels et financiers qu’elles autorisent, l’accueil des initiatives et de l’expertise du lointain, la co-conception institutionnelle et programmatique. Saint-Malo doit se voir restaurer dans son rôle de cité ouverte sur le monde et au monde.
A ce titre, la création de “comptoirs malouins” dans trois villes-ports du monde pourra être envisagée avec le soutien des postes diplomatiques et des acteurs locaux de coopération.