De façon générale nous sommes assez peu informés, et nous informons insuffisamment sur l’action de nos députés.

À quelques semaines des élections municipales, notre candidat maire vient de s’illustrer à l’Assemblée nationale par deux prises de position qui montrent une nature très différente de celle qu’il cultive depuis des années à Saint-Malo et sur laquelle il base sa campagne pour les municipales.

De la première, l’autre sera traitée rapidement, nous connaissions l’une de ses obsessions, une plus grande privatisation de la médecine qu’il a largement défendue à l’assemblée à la fin du quinquennat Hollande. Il soutenait alors Fillon pour les présentielles et son programme prévoyant de supprimer 20 milliards à l’assurance-maladie. Cette fois c’est son attachement à l’industrie du médicament et à ses bénéfices qu’il met en évidence. C’est mister Gilles qui a pris la parole pour la droite dure lors de l’examen de la création d’un pôle public du médicament portée par le groupe des Insoumis devant la commission des affaires sociales de l’assemblée.

Docteur Gillou a parfaitement compris l’enjeu qu’il résume ainsi : « Pour faire face à cette pénurie, vous proposez la création d’un pôle public du médicament en partant du principe que cette crise serait due à une logique de profit des laboratoires qui ont délaissé des molécules de base, car celles-ci ne permettaient pas de dégager des marges suffisantes, et externalisé leur production à l’étranger. Le constat est clair et nous sommes face à un problème de fond. »

Mister Gilles  a immédiatement expliqué que l’industrie pharmaceutique souffrait parce que le prix du médicament était « rogné » par les gouvernements successifs depuis 2012 et qu’elle était contrainte de « s’exiler dans les pays où la main-d’œuvre est moins coûteuse. » Gillou en a presque pleuré…

Mais Mister Gilles ment doublement. Entre 2008 et 2012 l’industrie pharmaceutique a bénéficié d’environ 500 Million/an de crédit impôt recherche (1). Or, dans cette période sa dépense intérieure de recherche et de développement des entreprises (D.I.R.D.E) a baissé de 85 Millions par an et perdu 719 emplois par an. Mister Gilles ment sur les dates des pertes d’emplois et ment sur les gains d’une industrie pharmaceutique dont on estime qu’elle détourne 40% des sommes d’aide à la recherche vers d’autres objets (2). Par exemple pour la rémunération des actionnaires, selon un article de l’observatoire de multinationales (3) : « En 2011, le taux de dividende du groupe Sanofi était de 24,1%. En 2013, il est de 97,87%, avant de diminuer légèrement à 83,74% en 2014. Depuis 2013, le groupe verse donc presque l’ensemble de ses bénéfices à ses actionnaires. Des bénéfices qui suivent la courbe inverse, puisqu’ils sont passés de 5,7 milliards en 2011 à moins de 4,4 milliards en 2014. C’est ce qu’on appelle ‘ vider les caisses’. »

Le groupe des ‘républicains’ de Mister Gilles, préoccupé par les intérêts des actionnaires des firmes pharmaceutiques, a voté contre la proposition (4) plaçant encore une fois le gain avant le soin.

En semaine, Mister Gilles refuse d’assurer la sécurité d’approvisionnement des médicaments pour protéger les profits des actionnaires de l’industrie pharmaceutique. Et le week-end, Docteur Gillou fait son tour des Ephad ….

 

  1. https://www.bastamag.net/webdocs/pharmapapers/le-megabusiness-des-labos/derriere-les-profits-des-labos-un-soutien-financier-multiforme-des-pouvoirs-publics/
  2. http://sciencesenmarche.org/fr/wp-content/uploads/2015/04/RapportSenat_SeM.pdf
  3. https://multinationales.org/Sanofi-ou-la-restructuration-permanente-au-service-des-dividendes
  4. Les amis de Mme Le Gagne de La République en Marche ont fait la même chose…)