Après soixante ans, la gestion du port de Saint-Malo échappe à la CCI ! Ce qui était impensable, il y a peu, est devenu réalité depuis quelques jours. Le choix de la Région est sans doute la résultante de plusieurs facteurs, mais ceux de l’entre-soi et de la protection de l’environnement semblent avoir pesé dans cette décision.

Le premier facteur est ce qui se passe dans plusieurs domaines de la vie politique, économique, culturelle, sportive… locale, la captation et le verrouillage de tous les pouvoirs par un petit groupe social. Une pratique qui s’est aggravée sous le mandat municipal qui se termine. Alors que la CCI a été recomposée à l’échelle départementale, il y a quelques années, certaines clés, dont celles du port n’avaient pas changé de main. Plutôt que de travailler en bonne intelligence dans le cadre d’un accord Région-Ville-CCI, quelques « messieurs de Saint-Malo » n’ont pas compris que leur gestion était critiquable et leur pouvoir de plus en plus fragile. Ils déclaraient encore récemment «Les chefs d’entreprise malouins sont légitimes pour orienter le développement du port et de ses multiples activités dans la bonne direction, celle, qui en respectant la diversité des métiers qui s’y exercent, préserverait l’esprit d’auto-détermination qui prévaut dans l’histoire de Saint-Malo. » (Pays Malouin 2 oct 2019). Désormais, leur temps est passé, c’est un changement de plus dans les sphères du pouvoir qui pèsent sur la ville.

Le second est l’absence d’écoute des habitants. Dans ce dossier, la mobilisation des citoyen.ne.s et de l’association OSONS ! a pesé et a fait comprendre aux décideurs la nécessité d’agir pour la gestion environnementale du port. Les actions, les vidéos, les manifestations, souvent méprisées par de nombreux et « sérieux » élu-es et notables de tous bords, ont mis en évidence l’inertie locale, dont celle de la CCI face à la pollution générée par certaines activités portuaires. Espérons que le temps est également passé pour tous ceux qui, de la même façon, sont restés inertes et muets face à d’autres pollutions récurrentes de l’air.

Mais attention, le changement de gestionnaire du port ne suffit pas à garantir l’avenir: les promesses et engagements doivent se transformer en réalité. L’activité du port de Saint-Malo est chère aux malouin-es. Elle implique le maintien de sa vocation économique et le respect des espaces d’activité qui ne doivent pas être sacrifiés au tourisme ou à l’immobilier. Elle implique également la protection de ses salariés indispensables à une gestion de qualité et qui n’ont pas à payer les prix du changement de gestionnaire. La liste « Saint-Malo autrement » se tiendra aux côtés de ces derniers, tout au long des transitions de gestion économique et environnementale du port.